Boîte à questions n° 7/8 · Chapitre 2 : Les renoncements
Au contraire, je ne serais pas prêt à renoncer aux choses suivantes
Chiffres clés
Contributions
Thèmes
Parmi les sacrifices que les jeunes ne sont pas prêts à faire, on retrouve de nombreux thèmes généraux qui font écho aux sacrifices potentiels mis en évidence dans la question précédente. À travers leurs réponses, les jeunes du monde entier dessinent une carte au trésor où figurent l’amour pour leurs amis et leur famille, l’attachement à leurs ambitions personnelles et le respect des valeurs et des croyances, le tout ancré dans un impératif inébranlable : le bien-être. Il convient de noter que cette question a suscité moins de contributions que la précédente.
Ce que les jeunes nous ont dit
Enseignements tirés à l'échelle mondiale
Relations personnelles
Au cœur de ce tourbillon de réponses, une constante se dégage : les jeunes refusent catégoriquement de sacrifier leurs relations personnelles. La famille et les amis — un pilier émotionnel irremplaçable — représentent pas moins de 20 % de ces cas.
Ambitions personnelles
Les ambitions personnelles constituent un autre domaine de constance, représentant 17 %. Ces ambitions définissent le cadre de leur parcours de vie futur. Elles reflètent les espoirs et les rêves que les jeunes ne veulent pas voir s'évanouir.
Bien-être
Le bien-être est un autre aspect auquel une part importante des participants (16 %) n'est pas disposée à renoncer. Il se traduit par le bonheur, la santé physique et mentale, l'équilibre et la sécurité — autant d'éléments fondamentaux qui constituent le socle de leur épanouissement personnel. À cela s'ajoute le désir de conserver leur mode de vie, qu'il s'agisse de leurs habitudes de consommation (14 %) ou de leurs activités (13 %).
Paradoxes
Cependant, l’analyse révèle certains paradoxes intéressants. Alors que les relations familiales, le bien-être et la santé physique constituent les principaux domaines dans lesquels les jeunes ne sont pas disposés à faire des sacrifices, la consommation matérielle (alimentation, voitures, technologie, etc.), certaines activités (voyages, loisirs et passions) et les ambitions personnelles sont citées tantôt comme des aspects auxquels renoncer, tantôt comme des aspects à préserver. Cette dichotomie met en évidence le dilemme difficile dans lequel se trouvent ces jeunes, tiraillés entre les besoins du présent et leurs aspirations à un avenir durable.
Présentation des thèmes principaux
Vous trouverez ci-dessous un graphique dans lequel vous pouvez naviguer pour en savoir plus sur les thèmes abordés par les participants. Chaque thème (également appelé « groupe ») correspond à une idée exprimée par les participants. Il existe deux types de clusters : les macro-clusters, qui renvoient à des catégories plus générales, et les sous-clusters, qui détaillent davantage les idées et sont rattachés aux macro-clusters. Les pourcentages affichés correspondent au nombre de participants ayant évoqué ce thème parmi l'ensemble des participants ayant répondu à la question. Pour plus de clarté, seuls les clusters cités par plus de 1 % des participants sont affichés.
La représentation ci-dessous est dynamique : appuyez ou cliquez sur les cases pour voir les groupes en détail. Vous pouvez également utiliser les filtres.
Région par région
Différences entre les régions du monde
Abandonner ou ne pas abandonner : tensions intra-sociétales chez les jeunes occidentaux et contrastes avec le reste du monde
La comparaison des réponses par région met en évidence de multiples contradictions, reflétant la diversité des points de vue des jeunes, en particulier les différences qui existent entre l’Occident et le reste du monde. En Amérique du Nord, en Europe et en Asie centrale, c’est-à-dire en Occident, la consommation matérielle est le principal aspect auquel les jeunes ne sont pas prêts à renoncer. Alors qu’à la question 6, 28 % à 40 % des jeunes occidentaux se disent prêts à renoncer à des biens de consommation tels que les produits de grande consommation, le plastique ou les voitures, dans cette question, 24 % à 26 % des jeunes occidentaux affirment ne pas vouloir renoncer à la consommation matérielle, les principaux aspects concernés étant la nourriture et les boissons, le confort de l’habitat et les voitures.
Cette volonté et cette réticence simultanées à renoncer à la consommation matérielle révèlent un manque flagrant de consensus et mettent en évidence les tensions qui règnent au sein même des sociétés. Alors que certains jeunes occidentaux souhaitent opérer de profonds changements dans leur mode de vie, sans doute dans l’espoir de voir la situation environnementale s’améliorer, d’autres, au sein de ce même groupe, ne sont pas disposés à faire de tels sacrifices sur le plan personnel.
Plus au sud, les jeunes d’Amérique latine et des Caraïbes, du Moyen-Orient et d’Afrique, ainsi que d’Afrique subsaharienne, font preuve d’un attachement plus fort à leur identité et à leurs croyances, ou encore à leurs valeurs et vertus personnelles. Ces aspects constituent des repères essentiels dans leur vécu, contrairement aux préoccupations exprimées dans les pays occidentaux.
Deux exemplaires du même graphique : choisissez une région différente sur chacun d'eux pour les comparer. Appuyez ou cliquez sur les cases pour voir les groupes en détail. Vous pouvez également utiliser les filtres pour comparer les régions.
Quelques réponses remarquables
provenant du monde entier
Voyages et éducation. Je me dis que si nous réduisions le nombre de vols internationaux (et nationaux), nous pourrions diminuer considérablement les émissions de carbone. J’espère que nous trouverons un moyen d’y parvenir un jour… mais je pense qu’il est vraiment important que notre monde reste (au moins) aussi interconnecté et accessible qu’il l’est aujourd’hui. Je veux continuer à découvrir d’autres personnes et d’autres régions du monde. C’est pourquoi je parle de « voyages et d’éducation ». Il ne s’agit pas seulement de voyager, mais aussi de l’apprentissage qui découle du voyage et du dialogue avec des personnes différentes de moi. C’est quelque chose dont nous avons besoin de plus, et non de moins.
Malgré leur rôle dans l’aggravation de la polarisation et la propagation de la haine à un rythme effréné, je refuse d’abandonner les réseaux sociaux. Pourquoi ? Parce que je suis fermement convaincu que leur potentiel positif l’emporte largement sur leurs inconvénients. Les réseaux sociaux sont bien plus qu’un simple moyen d’entrer en contact avec les autres ; ils sont devenus une plaque tournante pour les entreprises, un outil d’organisation des communautés et une bouée de sauvetage pendant la pandémie de COVID-19. Lorsque les bouteilles d’oxygène se sont faites rares, les gens se sont mobilisés sur les réseaux sociaux pour s’entraider, formant ainsi un puissant réseau de soutien. Cependant, nous devons faire preuve de prudence quant à ce que nous consommons en ligne, en gardant à l’esprit l’impact négatif que cela peut avoir sur notre santé mentale et notre bien-être.
La famille, je pense, est quelque chose à laquelle il ne faut pas renoncer, même si elle est la cause de la détresse de ta mère. Quant aux compagnons de route, ce sont des personnes qui ne sont peut-être pas toujours là, mais qui sont présentes quand tu en as besoin, que tu sois heureux ou triste. C’est quelque chose qui peut être plus fort que l’amitié.
Mon ordinateur, c'est-à-dire mon unique source de bonheur et la seule chose qui m'ait apporté aujourd'hui un apprentissage concret et qui m'ait permis de mûrir intellectuellement face aux dangers liés au piratage informatique et aux personnes mal intentionnées. C'est également grâce à mon ordinateur que je parviens à me forger une idée qui me permet d'aller loin dans la réflexion, dans la philosophie, et de me sentir mieux.
Dans mon pays, la Tanzanie, je tiens à réaffirmer avec force que la population doit prendre conscience du problème de la malnutrition et des moyens d'y remédier, notamment dans le secteur agricole. Je n'abandonnerai pas tant que je n'aurai pas vu mon pays se développer grâce à une agriculture florissante.
La seule chose dont je suis sûr, c'est que je ne renoncerai jamais à « l'apprentissage ». L'apprentissage, c'est tout : qu'il soit oral, théorique ou artistique, quelle que soit la forme qu'il prenne, il est extrêmement important et je ne suis pas prêt à y renoncer, quoi qu'il arrive.
Des occasions d’exprimer mes opinions et de faire entendre ma voix en tant que jeune adulte. Je ne voudrais pas être considéré comme une personne mature, mais comme un jeune qui a une vision différente de ce que le monde peut et ne peut pas faire.
La capacité à penser par soi-même, à ne jamais cesser de réfléchir et à garder son enthousiasme ; l'essence même et la dignité de l'être humain ; pour donner le meilleur de soi-même, il faut rester fidèle à soi-même et garder à l'esprit sa motivation initiale ; la santé et le bonheur, dont je ne peux me passer, constituent le sens de la vie.
Je ne serais pas disposé à renoncer à mon intégrité morale et éthique. Cela signifie que je ne me prêterais en aucun cas à la corruption, à l'injustice ou à l'immoralité, même si cela devait constituer un obstacle sur la voie menant à l'avenir souhaité.
Ce dont j'ai avant tout besoin, c'est d'être aimée et de me sentir aimée. J'ai besoin de me sentir aimée pour me sentir en sécurité, heureuse et épanouie. Je ne serais pas prête à renoncer à mes habitudes, à mon mode de vie et à mes valeurs pour me sentir aimée.
En savoir plus
Question n° 8 : Pourquoi?
Contributions
Bien que les participants aient évoqué certains aspects auxquels ils sont prêts à renoncer pour concrétiser l’avenir auquel ils aspirent, il existe d’autres domaines dans lesquels ils ne sont pas disposés à faire de concessions. La question « Pourquoi ? », qui suit la phrase « Cependant, je ne serais pas prêt à renoncer aux éléments suivants », leur permet d’expliquer pourquoi ils ne sont pas disposés à renoncer aux aspects qu’ils ont mentionnés.
Enseignements tirés à l'échelle mondiale
En général
De manière générale, certaines raisons reviennent plus souvent que d’autres dans les réponses à cette question. Quel que soit le sujet abordé — qu’il soit personnel (famille et proches, ambitions personnelles, qualités personnelles) ou sociétal (environnement, engagement) —, deux raisons principales sont invoquées : « parce que c’est très important » (43 %) et « parce que c’est essentiel pour moi » (21 %). Ces raisons représentent près des deux tiers des réponses des participants du monde entier. Treize pour cent des participants expliquent qu’il leur serait difficile de faire certains sacrifices, car ces aspects sont pour eux une source de plaisir.
Certaines raisons reviennent dans tous les thèmes. On observe toutefois des différences selon le sujet abordé. Par exemple, 16 % des participants ayant répondu « Je ne serais pas prêt à renoncer » en citant « ma famille et mes amis » mentionnent le soutien que leur apportent leur famille et leur entourage proche. En revanche, ce soutien n’est pas évoqué dans d’autres thèmes, tels que la consommation ou l’environnement.
La famille et les proches
Parmi les participants ayant répondu à la question précédente, 20 % déclarent ne pas être prêts à renoncer à leur famille ou à leurs proches. Comme pour les autres thèmes, la majorité des personnes interrogées ont répondu « parce que c’est très important » et « parce que c’est essentiel pour moi » (respectivement 45 % et 16 % des participants). Seize pour cent indiquent également que leurs proches constituent une source de soutien pour eux. Enfin, 14 % des personnes interrogées évoquent leur attachement à travers des formules telles que « je les aime » et « ils me rendent heureux ».
Ambitions personnelles
Dix-sept pour cent des participants ayant répondu à la question précédente ne souhaitent pas renoncer à leurs ambitions personnelles. À l’instar des autres thèmes, les raisons « parce que c’est très important » et « parce que c’est essentiel pour moi » occupent les premières places et se situent dans le même ordre de grandeur : respectivement 47 % et 26 %.
« Parce que ça me plaît » est la troisième raison la plus fréquente, citée par 9 % des personnes interrogées. « Parce que cela définit qui je suis » a été mentionné par 6 % des participants. « Parce que cela contribue à créer un monde meilleur » est la cinquième raison la plus fréquente, citée par 5 % des participants.
Bien-être
Seize pour cent des participants ayant répondu à la question 7 ne sont pas disposés à sacrifier leur bien-être. Il convient de noter que les motifs « parce que c’est important » et « parce que c’est essentiel pour moi » (respectivement 48 % et 23 %) sont cités un peu plus fréquemment dans ce thème que dans les autres (par 7 participants sur 10, contre une moyenne de 65 %). La troisième raison citée est le fait que cet aspect est une source de plaisir pour eux (« parce que j'aime ça »), un sentiment partagé par 17 % des personnes interrogées.
Mode de vie : consommation matérielle
Quatorze pour cent des participants déclarent ne pas être disposés à renoncer à leur consommation de biens matériels, car il s'agit pour eux de besoins importants, voire fondamentaux (56 % de ces participants). Dix-sept pour cent ont invoqué des raisons plus personnelles, comme suit : pour 13 %, il s’agit d’une source de plaisir (« parce que ça me fait plaisir ») et pour 2 % des participants, c’est une question d’identité (« ça définit qui je suis »), suivies d’autres raisons moins courantes telles que « c’est mon rêve, ma passion » ou « je veux découvrir le monde ».
Différences entre les régions
Certaines raisons reviennent quelle que soit la région. De manière générale, la majorité des participants ont invoqué les raisons suivantes : « parce que c’est très important » et « parce que c’est essentiel pour moi ». On observe toutefois certaines différences entre les régions. Si l’on se réfère au système de classification régionale de la Banque mondiale, on constate que, dans la région Amérique latine et Caraïbes, la raison « parce que cela me plaît » arrive en deuxième position, très proche de « parce que c’est essentiel pour moi ». Près de 15 % des participants de la région ayant répondu à cette question ont invoqué cette raison.
Un autre élément important, cette fois-ci pour la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, est la raison « cela définit qui je suis », citée par un cinquième des participants, devant « parce que c'est essentiel pour moi » et « parce que cela me plaît ».

